05/08/2009 18:45

Signes et miracles

          Curieusement, dans ce monde qui se veut rationnel et raisonnable, bien des personnes ont, de nos jours, de plus en plus besoin de sensationnel. Une vie spirituelle en manque, un conflit de raison entre rationalité et irrationalité, remettent souvent notre foi en question. D’où une recrudescence de manifestations apparemment miraculeuses ou tout au moins inexpliquées et inexplicables. Des foules se déplacent pour assister à des apparitions, des miracles s’opèrent lors de célébrations douteuses, et le gens accourent, espérant que ces manifestations apporteront une caution à leur foi.  Ce besoin de « merveilleux » fait la fortune des sectes et ces dernières se cachent souvent à l’abri d’églises apparemment respectables. Outre ces sectes, dans toutes les communautés chrétiennes, il faut admettre que même des pasteurs, au demeurant tout à fait respectables, peuvent s’égarer et se muer en gourous.  Alors, que penser et, surtout, comment réagir face à cela ?      

L’avis de Jésus sur ces prodiges : 

 Mt 24, 23 – 24 : «Alors si quelqu'un vous dit : “Voici : le Christ est ici!” ou bien : “Il est là!”, n'en croyez rien. Il surgira, en effet, des faux Christs et des faux prophètes, qui produiront de grands signes et des prodiges, au point d'abuser, s'il était possible, même les élus. » 

Mt 16, 1 – 3 : Les Pharisiens et les Sadducéens s'approchèrent alors et lui demandèrent, pour le mettre à l'épreuve, de leur faire voir un signe venant du ciel. Il leur répondit : «Au crépuscule vous dites : Il va faire beau temps, car le ciel est rouge feu ; et à l'aurore : Mauvais temps aujourd'hui, car le ciel est d'un rouge sombre. Ainsi, le visage du ciel vous savez l'interpréter, et pour les signes des temps vous n'en êtes pas capables ! 

Jn 2, 18 – 22 : Alors les Juifs prirent la parole et lui dirent : “Quel signe nous montres-tu pour agir ainsi ?” Jésus leur répondit : “Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai.” Les Juifs lui dirent alors : “Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèveras ?” Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il fut relevé d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela, et ils crurent à l'Écriture et à la parole qu'il avait dite. 

L’avis de l’Église sur ces prodiges : 

          Cette dernière phrase est l’acte de foi authentique. Les apôtres ne comprirent et ne crurent réellement à l’enseignement de Jésus qu’après sa résurrection, et même plus tard, le jour de la Pentecôte. En guise de conclusion, si je n’ai pas la foi, ce ne sont pas des signes qui me la donneront, Mais, si je crois réellement que Jésus Christ est Seigneur, des signes ne me convaincront pas davantage. Le seul véritable signe, celui qui passe au-dessus des temps : Jésus s’est fait homme pour nous, Il est mort, puis ressuscité le troisième jour. Pourquoi puis-je croire à cela ? Parce que depuis deux mille ans, et encore aujourd’hui, des milliers de personnes témoignent de cet événement, souvent par la mort. Alors, que représentent les « miracles » et autres apparitions à côté de cela ? Tant que l’Église, représentée par les évêques locaux, ne donne pas caution officielle  de ces événements, ils ne doivent pas être pris en compte. C’est le cas pour certaines apparitions très à la mode en ce moment et où l’évêque titulaire, seul habilité à prendre une décision, interdit pourtant les pèlerinages. L’Église reste très circonspecte à ce sujet, voir même réticente. Les apparitions de Lourdes, Fatima, comme les miracles, font l’objet de longues enquêtes avant d’être reconnus. Concernant ces faits, l’Église, demeure toujours extrêmement prudente. Même en les reconnaissant, elle n’en fait pas un dogme de foi et n’oblige personne à croire à ces événements. 

Ne pas confondre foi et superstition : Si je crois en Dieu, je ne peux voir en ces événements, tout incompréhensibles qu’ils soient,  un signe de Dieu sans qu’ils aient reçu l’aval de l’Église officielle (évêque du lieu ou Rome). La crédulité n’a rien de comparable avec la foi. Certaines personnes, peu sûres de leur foi, ressentent la nécessité de ce genre de choses pour conforter une foi défaillante, pour se rassurer. Et cette crédulité ne manifeste que cette faiblesse, nous sommes donc bien loin de la grandeur de Dieu. Une foi véritable se vit dans la confiance en Dieu, pas dans des signes invérifiables. Ma foi ne dépend pas de signes éventuels qui viendraient la corrobore, sorte de certification d’un merveilleux hypothétique. L’épisode de la crédulité de Thomas, dans l’Évangile de Jean, nous donne le dernier mot de l’histoire : 

Jn 20, 24 – 31 : Or Thomas, l'un des Douze, appelé Didyme, n'était pas avec eux, lorsque vint Jésus. Les autres disciples lui dirent donc : “Nous avons vu le Seigneur !” Mais il leur dit : “Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas.”  Huit jours après, ses disciples étaient de nouveau à l'intérieur et Thomas avec eux. Jésus vient, les portes étant closes, et il se tint au milieu et dit : “Paix à vous.”  Puis il dit à Thomas : “Porte ton doigt ici : voici mes mains; avance ta main et mets-la dans mon côté, et ne sois plus incrédule, mais croyant.” Thomas lui répondit : “Mon Seigneur et mon Dieu!” Jésus lui dit : “Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru.” Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d'autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Ceux-là ont été mis par écrit, pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant vous ayez la vie en son nom. 

Conclusion : 

          Concluons en disant que lorsque l’on nous annonce et convie à ces manifestations, prenons le temps de la réflexion. La vérification n’est certes pas toujours évidente. Mais, faisons confiance à l’Église et allons sur les sites officiels des évêchés locaux ou du Vatican. Ils nous donneront un avis autorisé, puisque seuls les évêques de l’endroit où ont lieu ces événements sont habilités à autoriser ou non ces manifestations. La prudence est la mère des vertus, surtout en matière religieuse et écoutons le conseil que nous donne St Paul : 

 2Th 2, 1 – 3, 13 – 17 : Nous vous le demandons, frères, à propos de la Venue de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui, ne vous laissez pas trop vite mettre hors de sens ni alarmer par des manifestations de l'Esprit, des paroles ou des lettres données comme venant de nous, et qui vous feraient penser que le Jour du Seigneur est déjà là. Que personne ne vous séduise d'aucune manière. […] Oui, le mystère de l'impiété est à l'œuvre. Mais que seulement celui qui le retient soit d'abord écarté.   Nous devons, quant à nous, rendre grâce à Dieu à tout moment à votre sujet, frères aimés du Seigneur, parce que Dieu vous a choisis dès le commencement pour être sauvés par l'Esprit qui sanctifie et la foi en la vérité : c'est à quoi il vous a appelés par notre Évangile, pour que vous entriez en possession de la gloire de notre Seigneur Jésus Christ.    Dès lors, frères, tenez bon, gardez fermement les traditions que vous avez apprises de nous, de vive voix ou par lettre.   Que notre Seigneur Jésus Christ lui-même, ainsi que Dieu notre Père, qui nous a aimés et nous a donné, par grâce, consolation éternelle et heureuse espérance, consolent vos cœurs et les affermissent en toute bonne œuvre et parole.  

À propos de ce qui précède, rappelons que, même si Medjugorje attire chaque année plus de deux millions de pèlerins, ces apparitions n’ont été reconnues officiellement par l’Église ni au plan local, ni au niveau universel. « On ne peut pas affirmer que ces questions concernent des apparitions ou des révélations surnaturelles », ont estimé en 1991 les évêques de Yougoslavie. Et dès 1985, le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avait interdit tout pèlerinage public au sanctuaire. En conclusion, précisons que dans ces cas litigieux, une seule boussole : l'Église ! Mais attention : à la source, car, hélas, même certains prêtres fidèles à Rome se laissent abuser par de fausses sirènes.

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